Avec ce projet, j’ai eu le sentiment que je pouvais apporter ma pierre à l’édifice, ici, à Reims.

photo lapie

Christian Lapie, sculpteur français de renommée internationale, a choisi d’apporter son soutien au projet du Toit Solid’Air à Reims. Il a accepté de partager les raisons de cet engagement et revient sur une notion essentielle du projet à ses yeux : le brassage des publics accueillis.

Comment avez-vous entendu parler de ce projet ?

C’est en fait Philippe Wattier, le directeur du centre d’hébergement Le Nouvel Horizon qui m’a contacté un jour pour me parler du projet du Toit Solid’Air. Il nous arrive de nous rencontrer et je connais le travail qu’il fait au quotidien pour les personnes en difficulté. De son côté, il avait sans doute deviné que j’y serais sensible. Bizarrement, je n’ai pas beaucoup réfléchi, je lui ai dis oui tout de suite, par intuition, un peu comme dans mon travail finalement.

Quelles sont les causes auxquelles vous êtes habituellement sensible ?

A chaque fois que je me suis engagé, tout est né d’une relation ou d’une amitié qui m’a rapproché de personnes et de causes. Un ami était très engagé en faveur d’Haïti suite au tremblement de terre ; j’ai pu donner des œuvres qui ont ensuite été vendues aux enchères au profit de son action.

Grâce à un ami toujours, j’ai fait des ateliers en Californie pour des personnes en grande difficulté. C’était un peu ce que l’on pourrait appeler de l’art-thérapie, même si je n’aime pas l’expression. J’ai été marqué par la chaleur humaine ressentie pendant ces ateliers. C’était beaucoup d’émotion et également de très belles rencontres. J’ai aussi collaboré avec le Cafégem. Il s’agissait d’ateliers artistiques fonctionnant en autogestion, en lien avec un hôpital psychiatrique. A cette occasion, je travaillais avec des personnes en souffrance psychique, affective ou encore psychiatrique, autour de la photo, de l’écriture et du dessin. Une exposition a même été organisée à la fin. D’une certaine manière, grâce à ces rencontres, les participants touchaient du doigt qu’ils existaient vraiment, qu’ils comptaient et que leurs questionnements étaient ceux de tout le monde.

Qu’est-ce qui vous a plu dans le projet du Toit Solid’Air et en quoi est-il important à vos yeux ?

Autant que la question de l’accueil de Rémois, c’est la possibilité d’accueillir des personnes ayant fui leur pays qui m’a aussi séduite. J’ai tout de suite pensé à un de mes voisins maraîcher qui embauche notamment des réfugiés politiques, syriens par exemple. Il s’agit de personnes qui avaient souvent un haut niveau d’étude, une bonne situation, qui doivent repartir de zéro en arrivant ici et qui le font avec beaucoup de courage. Je me suis dit que ces personnes avaient aussi besoin d’un toit et que c’était l’occasion de faire un beau geste en leur faveur.

Votre renommée est internationale mais vous êtes toujours une personnalité engagée localement. En quoi est-ce important pour vous ?

Je considère que j’ai été gâté par la vie et qu’il est logique que j’apporte aujourd’hui ces soutiens. Pour le Toit Solid’Air, je me suis dis que c’était une bonne chose si je pouvais donner un coup de main et que c’était encore mieux si cela pouvait donner à d’autres l’idée de suivre le même chemin.

Il y a une notion à laquelle je crois beaucoup et qui est même à mes yeux essentielle. C’est celle du brassage. Avec ce projet, j’ai eu le sentiment que je pouvais apporter ma pierre à l’édifice, ici, à Reims.

Certaines de vos œuvres ont-elles été inspirées par des questions sociales ?

A la base de mon inspiration et de mon travail, il y a la question de l’Homme sur terre, de l’Homme debout, qui résiste, qui fait face malgré tout. Ce lien permanent à l’Homme fait que la question sociale est toujours présente d’une certaine manière dans mon œuvre.

Crédit photo : Alain Hatat
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